Au cours de la dernière décennie, le genre super-héroïque est passé des adaptations de comics et des blockbusters estivaux à quelque chose de bien plus vaste qu’un simple divertissement. Certaines séries jouent encore selon les règles classiques : le héros sauve le monde, et le mal reçoit ce qu’il mérite. D’autres brisent cette formule et se demandent ce que signifie vraiment être un héros quand, derrière le costume et les grands slogans, il y a une vraie personne avec du pouvoir, des faiblesses et des désirs sombres.
« The Boys » appartient clairement à la deuxième catégorie. C’est une satire féroce d’un monde où les superpouvoirs sont depuis longtemps devenus un business, où les héros fonctionnent comme des marques médiatiques et où sauver des gens compte souvent moins que l’image parfaite devant les caméras.
Après le final de la série, la question de savoir quoi regarder ensuite se pose naturellement. Ci-dessous, nous avons réuni sept séries qui, d’une manière ou d’une autre, évoluent sur le même terrain : là où le récit super-héroïque n’est pas seulement un décor pour l’aventure, mais une façon de parler du pouvoir, de l’identité et de ce qui arrive à une personne lorsqu’elle reçoit plus de force qu’elle ne peut en supporter.
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Gen V
Les événements de Gen V se déroulent dans le même univers que « The Boys », mais le regard se déplace vers de jeunes super-héros. Les personnages principaux étudient à l’université Godolkin, un établissement d’élite pour adolescents dotés de pouvoirs, formés à leur future carrière de super-héros. Derrière la façade prestigieuse du campus se cachent des expériences, de la compétition, des manipulations et les sombres secrets de Vought.
C’est le choix le plus évident, puisque Gen V est directement lié à The Boys. On y retrouve la même brutalité corporatiste, la même idée que les superpouvoirs ne rendent pas forcément meilleur, et le même mélange de sang, de satire et d’humour noir. La différence, c’est qu’au lieu de suivre des super-héros adultes devenus des stars, la série montre des jeunes que le système brise dès le départ.
Invincible
À première vue, Invincible ressemble à une histoire assez classique : celle d’un adolescent qui obtient des superpouvoirs et tente de devenir un héros. Mark Grayson est le fils du plus puissant super-héros de la planète, Omni-Man. Mais très vite, la série révèle que derrière son apparence animée et colorée se cache un récit bien plus violent sur le pouvoir, l’héritage, la violence et le prix de l’héroïsme.
Comme The Boys, la série détruit l’image traditionnelle du super-héros. Elle aussi mise sur une violence choc, des personnages moralement complexes et l’idée que les êtres dotés de pouvoirs peuvent ne pas être des protecteurs, mais la plus grande menace. Là où « The Boys » déconstruit le super-héroïsme par la satire, Invincible le fait par le drame, le conflit familial et des conséquences particulièrement douloureuses.
Peacemaker
Peacemaker suit Christopher Smith, un antihéros arrogant, grossier et profondément problématique, qui croit sincèrement se battre pour la paix, même si cela implique de tuer des gens. Après les événements de « The Suicide Squad », il reçoit une nouvelle mission, mais la série révèle peu à peu non seulement son absurdité, mais aussi ses traumatismes, ses complexes et son vide intérieur.
Après The Boys, on retrouve facilement dans Peacemaker le même plaisir d’un super-héroïsme sale, débarrassé du grandiloquent héroïque classique. La série est moins méchante et moins cynique, mais elle démonte elle aussi la masculinité héroïque, les clichés patriotiques et un personnage qui essaie de paraître cool alors qu’il est déjà en train de s’effondrer de l’intérieur. Le tout repose sur l’humour noir, l’action sanglante et un sens de l’absurde qui finit par révéler quelque chose de profondément humain chez son héros.
Preacher
Le héros de Preacher est Jesse Custer, un prêtre au passé trouble qui reçoit un pouvoir surnaturel et part à la recherche de Dieu. Il est accompagné dans son voyage par son ex-petite amie Tulip et par Cassidy, un vampire irlandais. Commence alors un mélange déchaîné de satire religieuse, d’action sanglante, de comédie noire et de folie pure.
Preacher ne met pas en scène des super-héros au sens classique, mais son esprit est très proche de celui de The Boys. Les deux séries n’ont pas peur d’être grossières, provocatrices et absurdes. On y trouve aussi beaucoup de violence, des personnages moralement douteux et une satire des institutions. Simplement, au lieu de viser les corporations et l’industrie des super-héros, la série s’attaque à la religion, à la foi et au pouvoir.
Doom Patrol
« Doom Patrol » est une série super-héroïque sur des personnages qui n’ont jamais vraiment voulu être des super-héros. Leurs pouvoirs ne sont pas arrivés comme un cadeau, mais comme la conséquence de traumatismes, d’accidents, d’expériences et de catastrophes. Au lieu d’une équipe de sauveurs du monde parfaits, on suit donc un groupe de personnes brisées, qui tiennent à peine debout. La série est très étrange, parfois presque absurde, mais derrière cette étrangeté, il y a quelque chose de profondément vivant. Doom Patrol ne se contente pas de se moquer du genre : elle montre combien il peut être difficile d’être « spécial » quand cette différence a détruit votre vie.
Si « The Boys » est une satire féroce du pouvoir, des corporations et de la pourriture cachée derrière le masque du héros, Doom Patrol parle davantage de traumatisme, d’acceptation de soi et de personnes que le monde a traitées comme des monstres avant même qu’elles comprennent qui elles étaient.
The Umbrella Academy
Dans Umbrella Academy, il y a des enfants dotés de superpouvoirs, un « père » riche, une équipe de super-héros et une mission pour sauver le monde. Mais l’essentiel ici, ce ne sont pas les pouvoirs eux-mêmes : ce sont les conséquences d’une enfance où des êtres humains ont été élevés comme un projet de combat, et non comme une famille.
Autrefois, ils formaient une équipe célèbre. Mais à l’âge adulte, ce ne sont plus vraiment des héros : ce sont des personnes traumatisées, pleines de rancunes, d’addictions, de culpabilité et totalement incapables de se parler normalement. Et, bien sûr, l’apocalypse rôde toujours quelque part, parce que dans ce genre de famille, il peut difficilement en être autrement.
La série n’est pas aussi brutale ni aussi cynique que The Boys, mais elle démonte elle aussi le mythe des « personnes spéciales ». Dans The Boys, les superpouvoirs transforment les héros en produits, en marques médiatiques et en instruments d’influence. Dans The Umbrella Academy, les superpouvoirs deviennent une partie du traumatisme d’enfance, du contrôle et des liens familiaux brisés. Dans les deux cas, ils ne sauvent pas les personnages de leurs problèmes : ils ne font que les rendre plus grands.
Watchmen
« Watchmen » n’est pas une série légère du type « sang, blagues et super-héros ». C’est une histoire plus dense, plus sérieuse et plus politique. La série montre une Amérique alternative où les justiciers masqués ne sont pas devenus des symboles d’espoir. Au contraire, leur histoire a laissé derrière elle de la violence, de la peur et de nombreuses questions dérangeantes sur le pouvoir.
Ici, le super-héroïsme n’est pas utilisé pour offrir des combats spectaculaires, mais pour parler de racisme, de violence, de police, de mémoire historique et du danger que représentent des personnes masquées lorsqu’elles commencent à décider qu’elles sont au-dessus des autres.
Dans le ton, Watchmen est très différent, mais dans le fond, la série est très proche. Les deux œuvres posent la même question inconfortable : et si ceux que nous appelons des héros étaient simplement des personnes qui ont reçu beaucoup trop de pouvoir ? The Boys répond par la satire, le sang et le cynisme. Watchmen le fait par le drame politique et de lourdes conséquences morales.
Toutes ces séries dialoguent, chacune à leur façon, avec « The Boys », sans pour autant la copier directement. Gen V prolonge le même univers, Invincible montre le super-héroïsme sous un angle étonnamment brutal, Peacemaker mise sur l’absurde et l’humour noir, tandis que Watchmen propose le regard le plus sérieux sur les personnes masquées.
Si vous cherchez quelque chose de très proche de The Boys, il vaut mieux commencer par Gen V et Invincible. Pour un humour fou, un absurde sanglant et une super-héroïque plus étrange, Peacemaker, Preacher ou Doom Patrol sont les meilleurs choix. Et si, après le final, vous avez envie d’une déconstruction plus profonde du mythe super-héroïque, Watchmen reste l’option la plus forte.

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